Nous sommes en 1963. Diane Dufresne travaille alors en tant qu’infirmière auxiliaire à l’hôpital Santa-Cabrini, tout en suivant des cours de soir dans une école scientifique. C’est là qu’elle rencontrera celle qui deviendra une grande amie : Ginette Nantel. Surtout, elle aura la chance de suivre des cours de chant avec Simone Quesnel. Cette double rencontre marque le début de la délivrance. La jeune fille renfermée prend soudain de l’assurance.
Ses talents de chanteuse et le hasard font que Dufresne rencontre le pianiste André Gagnon, qui l’accompagne bientôt sur une scène de Saint-Jérôme. Et dans la salle se trouve, autre hasard, Luc Plamondon. Cette dernière rencontre sera particulièrement importante, comme on le sait bien.
Après une apparition à la télévision où elle interprète une chanson de Jacques Brel, et quelques tours de chant dans des boîtes à chansons, Dufresne décide de tenter sa chance à Paris. Rien de moins ! Accompagnée de son amie Ginette Nantel, elle tente péniblement de percer dans la capitale française.
« J’étais arrivée là avec d’énormes complexes, un accent, bégayeuse, timide et remplie d’eczéma. Toutes les qualités pour réussir ! Je m’étais inscrite à l’École d’art dramatique René Simon, mais on ne me choisissait jamais pour aller sur scène, pour les exercices. Je ne devais pas avoir assez de personnalité, je suppose... » [1]
Grâce à une lettre de recommandation de l’animateur de télévision Jacques Normand, Dufresne avait été mise en contact avec Charles Aznavour. Celui-ci pousse la jeune Québécoise à l’accent prononcé vers une bonne école de chant, dirigée par le réputé Jean Lumière :
« L’enseignement de Lumière était basé sur la respiration, sur le yoga. Il m’a montré à chanter courbée, couchée par terre. Il m’a donné une technique vocale tandis que Simone Quesnel m’a appris à traiter une chanson avec émotion, avec mon caractère et ma personnalité. » [2]
Diane Dufresne se fera remarquer en interprétant le répertoire de Barbara, d’Anne Sylvestre ou de Gilles Vigneault, et elle chantera dans certaines boîtes connues telles que L’Échelle de Jacob, L’Écluse et Le Port Salut. Mais après un séjour d’un an et demi à Paris, elle revient au Québec, au moment où Montréal s’apprête à recevoir le monde à l’occasion de l’Exposition universelle de 1967.
Ce séjour parisien aura été très formateur pour la future diva. Elle retournera à Paris au cours des années 1970, pour une bien plus longue période. Le deuxième séjour sera beaucoup plus spectaculaire que le premier, et Diane Dufresne imposera alors aux Français un rock francophone qu’ils ne connaissaient pas. Une vraie révolution !
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