Avant que ne commence le tournage, Diane Dufresne confiait à Stéphan Bureau qu’elle a encore le trac, malgré tout le métier qu’elle possède. À cela elle ajoutait : « Quand j’ai beaucoup le trac, je prie tout le monde, excepté le bon Dieu. »
La démarche artistique de « La Dufresne » est portée par une volonté constante d’innover, de questionner, de se renouveler. Si la chanteuse a contribué à faire éclater les carcans qui dictaient la façon de faire du spectacle au Québec, certains l’ont parfois trouvée trop provocatrice. À cela, elle répond : « Je dérange. Puis tant mieux, c’est mon métier de déranger. Je vais continuer. »
Pour Diane Dufresne, la présentation d’un grand spectacle au Stade olympique représente en quelque sorte un coup d’éclat, et un témoignage d’amour incomparable de la part de son public, venu en grand nombre pour l’occasion. À propos du public, elle dira ceci en entrevue : « On oublie que le public fait du spectacle, le public est talentueux, même. »
La Diva possède une voix hors du commun qui en a époustoufflé plus d’un. « Je pense que je chante même mieux que quand j’étais jeune. C’est curieux à dire, mais c’est comme ça. Je chante mieux à 60 ans que je chantais à 30 ans. Probablement parce qu’il y a de la vie dedans, on chante ce qu’on est, aussi. »
Stéphan Bureau et Diane Dufresne sont retournés au Stade olympique de Montréal, où la Diva a présenté son impressionnant spectacle Magie rose en 1984. Des centaines de fans habillés de rose, des effets scéniques inusités, une entrée remarquée dans une robe magnifique dont la traîne, immense, était déployée sur la scène par plus de 85 jeunes hommes !
Lors du tournage au collège Regina Assumpta où elle a étudié un temps, Diane Dufresne prend plaisir à revoir les visages d’anciennes étudiantes et religieuses. Du même souffle, elle se remémore ses rêves de jeunesse : « Je voulais devenir chanteuse, mais j’aurais aimé ça être sœur aussi. »
Réléchissant à la grande question de la mort, Diane Dufresne affirme qu’elle est aussi ce qui donne sens à la vie, ce qui rend les êtres humains meilleurs. « La mort donne une intensité à la vie, parce que, probablement, s’il n’y avait pas la mort, on serait tellement méchants. Les êtres humains, ça leur donne une bonne dose d’humilité. Une chance qu’il y a la mort, une chance qu’on meurt. »
Diane Dufresne n’a jamais caché sa passion pour les costumes, héritée de sa mère, une femme à la page qui l’avait initiée au monde du théâtre dans sa jeunesse. À l’occasion du tournage, la chanteuse a revêtu trois tenues différentes dont cette grande cape noire et ce chapeau singulier qui rappellent l’uniforme des religieuses, un univers qui la fascine depuis toujours.
Lors du tournage du collège Regina Assumpta, Diane Dufresne s’est prêtée au jeu et a dessiné ce croquis d’une chanteuse sur le tableau de la classe.
L’artiste révèle combien la création occupe une place fondamentale dans son existence. Elle confie d’ailleurs à Stéphan Bureau : « Quand je n’ai pas créé dans une journée, même si c’est un mot, ou quelque chose, ou inventer [...] c’est raté pour moi, la journée. »
Diane Dufresne apprécie la grande liberté que permet la peinture, qui est une pratique créative qu’elle affectionne tout particulièrement et qui prend racine dans sa tendre enfance. « Je suis joyeuse quand je peins, je suis heureuse quand je peins. »
Pour Diane Dufresne, qui a la réputation d’être une artiste « flyée », la folie est aussi un ingrédient qui pimente la créativité, qui permet de voir autrement le monde qui nous entoure.