Auteur-compositeur-interprète qui a marqué le paysage artistique québécois, Claude Dubois s’est confié avec générosité à Stéphan Bureau.
« Moi, je m’inscris dans une démarche d’un peuple qui, quelque part, essaie de se prendre en main et d’exister. Je fais partie de la gang d’Astérix et je sais bien qu’ici il y a des gens qui s’imaginent qu’ils sont une majorité, mais [ce sont] des rêveurs, je veux dire, pour ne pas dire qu’ils sont dans un cauchemar, parce que la réalité est toute autre. Il n’y a pas de majorité [...]. Et puis, moi, quelque part, cette démarche-là me plaît, alors, j’étais dans l’état de continuer un peu mon combat. Pour moi, de chanter en français était un must [...]. »
L’équipe technique de CONTACT affronte ici les rigueurs de l’hiver afin de croquer Claude Dubois dans son environnement naturel.
Lors de leur rencontre, Claude Dubois mentionnait à Stéphan Bureau qu’il souhaite transformer son domaine forestier en une aire de conservation. Du même souffle, il ajoute : « Mais, en même temps, comment on va faire pour garder ça, je sais pas, parce qu’il y aura toujours un commanditaire quelque part qui va ravager et prendre l’espace parce que c’est plus payant. »
Claude Dubois a amené Stéphan Bureau et son équipe explorer son domaine forestier situé à Montfort, dans les Laurentides.
Dans ses jeunes années, Claude Dubois a consommé des drogues dures et a séjourné en prison, puis à Portage, en centre de désintoxication. L’artiste affirme que ce moment difficile fut paradoxalement une étape extraordinaire dans sa vie, qui lui permit ensuite un nouveau départ. « [...] c’est quand tu es un junkie qui se pique et qui, à un moment donné, a plus de vision. À un moment donné, tu n’as plus... tu n’as plus de réalité entre ce qu’on appelle la vie et la mort. Tu es un mort-vivant. »
Revenant sur son enfance passée rue Sanguinet, non loin du carré Viger, Claude Dubois se souvient d’avoir dû apprendre rapidement à se débrouiller : « C’était assez dur ce coin-ci, c’était un coin assez tough. Ça te rend comme un petit peu insensible. Il faut tout rééduquer son cœur après, pour arriver à revoir l’humanité sous une autre forme. »
Installé dans le studio qu’il a aménagé chez lui, Claude Dubois rigole en racontant certains moments de son existence mouvementée.