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Antonine Maillet

Antonine Maillet - Regarder devant

Regarder devant

Pour Antonine Maillet, le travail du poète devrait avoir quelque chose de visionnaire. « C’est d’être à la proue et non pas au gouvernail. C’est Vigny qui l’a dit, ce n’est pas moi. Le poète, il n’est pas au gouvernail [...] c’est le gouvernement qui gouverne. Mais le poète est à la proue, il regarde l’étoile du berger, c’est-à-dire où aller, il regarde où sont les récifs pour éviter d’y tomber. Alors, il dit au gouvernail : “Attention, là !” Mais maintenant, ça, c’est le poète dans sa grande définition... »

Antonine Maillet - Le devoir d’être optimiste

Le devoir d’être optimiste

« Ma vie s’est construite plus ou moins sur ce défi que me lançait mon frère : “Tu dois, toi, être l’optimiste de la famille.” Et je l’ai toujours été. Puis, je n’y pensais plus, à ça. C’est plus tard que je me suis souvenue de cette anecdote. Si vous me demandiez : “Qu’est-ce qui vous caractérise, quels sont vos dons ?” - si dons j’ai - eh bien, je dirais : “Il y a deux dons que j’ai, c’est la mémoire et l’imagination.” »

Antonine Maillet - Identité acadienne

Identité acadienne

À la question “Qui suis-je ?” posée par la petite de cinq ans, la mère d’Antonine Maillet eut cette réponse qui allait plus tard nourrir sa quête artistique, liée à son désir d’affirmation de l’identité acadienne. « Je me souviens très bien de son regard, de son attitude - elle a dit : “Tu es acadienne”, et elle a ajouté [...] “mais Hélas, l’Acadie n’existe plus.” Ça, elle l’a dit [...] Alors voilà que je découvre que je suis quelque chose qui n’existe pas. »

Antonine Maillet - Aux petits soins

Aux petits soins

La maquilleuse de plateau met sa touche finale avant que ne commence l’interview.

Antonine Maillet - Entretenir son inspiration

Entretenir son inspiration

À propos de ce qui nourrit l’inspiration, la dramaturge répond : « Il y a surtout de la transpiration ! C’est-à-dire que c’est du travail et on provoque l’inspiration. Qu’est-ce que ça veut dire “inspiration” ? Ça veut dire sentir un état qui nous met en disposition de pouvoir aller chercher, fouiller dans son subconscient. Mais ça, ça se crée, ça s’inspire. C’est une chance qu’on capte, qu’on attrape et qu’on entretient, et qu’on provoque, mais on l’entretient aussi. Quelqu’un qui écrit tous les jours, forcément, il est plus en forme.  »

Antonine Maillet - Une question de fierté

Une question de fierté

Voici ce que ressentit Antonine Maillet au moment de recevoir le prestigieux Prix Goncourt. « [Ce prix] a été important pour moi d’abord pour deux raisons : cette raison-là, que la langue était acceptée et, ensuite, la première phrase que j’ai dite à un journaliste, c’est : “Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? Qu’avez-vous à dire ?” Aujourd’hui, j’ai à dire : “Mon père et ma mère, vous êtes vengés !” Ma mère qui m’avait proposée de défendre l’Acadie, mon père qui avait fait en sorte que je sois fière de cette langue, bien, c’est eux qui m’avaient projetée là. Alors, c’était ça, c’était une fierté nationale que je sentais, une fierté familiale. »

Antonine Maillet - Le message change le médium

Le message change le médium

La femme de lettres raconte comment le sujet d’un livre peut influencer sa façon même de l’écrire. « Quand j’ai commencé à écrire Jeanne de Valois, j’ai voulu l’écrire dans l’ordinateur... C’est une confession d’une femme de 90 ans qui commence en disant : “Il me reste dix ans”. [...] Elle a 90 ans. Mais comment peut-elle écrire ça dans un ordinateur ! Je n’y arrivais pas. Alors, je suis revenue ici au crayon. Puis j’ai écrit 100 pages de ça, puis après, [je suis] passée à l’ordinateur, puis j’ai fait tout le reste. »

Antonine Maillet - Tourner le dos aux dogmes

Tourner le dos aux dogmes

« [...] je suis contre tous les “ismes” à vrai dire, là, catholicisme y compris. Tout ce qui est “isme” est tellement dangereux parce que c’est... c’est très sectaire. Alors, je ne dis pas que je suis féministe, mais de là à dire que je ne défends pas une cause qui me dépasse, qui est celle de la justice et des droits égaux pour tous, dont les nôtres, là, je le suis, bien sûr. Mais j’ai une façon à moi de l’être. »

Antonine Maillet - Un écrivain à l’honneur

Un écrivain à l’honneur

L’oeuvre d’Antonine Maillet est lue un peu partout sur la planète. L’écrivain se souvient d’un moment privilégié, qui est comme la réalisation d’un rêve d’enfance : « [...] on me décore, on me fête, on me célèbre pour avoir écrit Pélagie-la-charrette et pour avoir remporté avec ça le Prix Goncourt. Et Pélagie-la-charrette, c’est le conte, c’est l’histoire de cette Évangéline nouvelle, et c’est le rêve que j’avais fait à dix ans. »

Antonine Maillet - Être dans son monde

Être dans son monde

Comme écrivain, Antonine Maillet fait partie de son oeuvre, c’est-à-dire qu’elle ne l’aborde pas de l’extérieur, mais l’habite en quelque sorte. « J’ai une vision du monde qui est sphérique, qui est ronde, qui est cosmique - le mot est trop fort, cosmique, je ne veux pas dire que j’envahis le cosmos - mais c’est un tout petit cosmos, c’est un microcosme. Ce monde-là, je suis dedans, moi. Il y a des écrivains qui le regardent de l’extérieur... Je les trouve chanceux dans un sens. Ils ont une distance [...]. »

Antonine Maillet - Dévoiler ses images

Dévoiler ses images

Antonine Maillet partage ses souvenirs avec Anne Dussault, la réalisatrice de cet épisode de CONTACT.

Antonine Maillet - Image maternelle

Image maternelle

Antonine Maillet nous montre une photographique de sa mère, Virginie Cormier.

Antonine Maillet - L’écrivain doit avoir du pif

L’écrivain doit avoir du pif

Antonine Maillet confie à Stéphan Bureau que, pour elle, la vue n’est pas le sens le plus sollicité par l’écrivain. « Un sportif qui ne s’entretient pas, qui ne cultive pas sa forme, il ne l’aura pas, sa forme. Un écrivain qui ne cultive pas sa mémoire des mots, sa sensibilité à l’odeur... aux odeurs, à la vue, à l’ouïe [...]. Quand on dit, par exemple, un peintre, il a des yeux, il voit, puis il faut qu’il entretienne, qu’il cultive son œil pour voir la petite chose cachée que les autres ne voient pas. Le musicien, le son. Mais l’écrivain, lui, c’est quoi ? Moi, je dirais le nez, l’odorat.  »

Antonine Maillet - Le bonheur est un conte

Le bonheur est un conte

Parlant de ce qui lui procure le plus grand bonheur, l’écrivain compare sa réponse d’adulte à celle de son enfance. « Tout à l’heure je vous ai dit : “Le plus grand bonheur, c’est de créer.” Mais à l’époque, c’était d’entendre des créations, c’étaient les contes. Plus grand bonheur que ça, dans ma vie, je n’avais rien. Écouter des contes, je pouvais rentrer dans ce monde infini, puisque si notre monde est plate, celui-là ne l’est pas. Et comme mon monde était plate, j’entrais dans les rêves et les contes. »

Antonine Maillet - Un bureau dans l’attique

Un bureau dans l’attique

Antonine Maillet nous donne une petite leçon de français :« L’attique, c’est le vrai mot pour là où nous sommes, c’était comme les combes. Un grenier, c’est là où on met le grain, mais le mot “grenier” a remplacé “l’attique” parce qu’on a cru que, puisque les Anglais nous l’avaient pris pour faire attic, que c’était un mot anglais. Alors, le mot “attique” est plus ancien que le mot attic.  »

Antonine Maillet - Inextricable paradoxe du temps

Inextricable paradoxe du temps

« Le temps, c’est l’allié... c’est l’adversaire des adversaires. Je sais qu’il aura ma peau, mais je vais lui faire payer très dur. C’est-à-dire que le temps est celui qui me limite dans mes mouvements, puis me limite dans la durée de la vie, dans la durée de mon espace-temps. Il y a le temps qui m’empêchera d’aller [au-delà de] 100 ans... Je ne peux pas dépasser, je ne peux pas abolir l’anéantissement ou la mort, selon qu’on croit à l’un ou l’autre. [...] C’est dans ce sens-là qu’il est mon ennemi. Par contre, il est mon allié parce que c’est lui qui me permet d’être là où je suis. Si j’étais en dehors du temps, je ne l’aurais pas, cette existence. Il limite mon existence, mais il me la donne. »

Antonine Maillet - Écoute...

Écoute...

Bonne conteuse, Antonine Maillet raconte une anecdote à Sylvain Vary. Celui-ci, preneur de son de métier, est tout oreille !