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Jean d'Ormesson
L’immortel dandy

Jean d’Ormesson est un personnage fascinant. Sérieux, mais coquin en même temps, il tutoie aussi bien les plus grands lettrés que les amateurs de pages de variétés. Plutôt que d’adopter la position hautaine du créateur juché dans sa tour d’ivoire, l’académicien aime à regarder le monde dans le blanc des yeux. Stéphan Bureau a croisé son regard vif et pénétrant.

Ludique et conséquent tout à la fois, ainsi pourrait-on résumer le personnage. Pour Jean d’Ormesson, les épithètes mondain et académicien ne sont pas mutuellement exclusives, au contraire. « Jean d’O », comme on le surnomme, est quelqu’un qui a parfaitement assumé que d’être de son époque, et que d’être un créateur, appelait un certain nombre de présences sur l’échiquier : ainsi, on peut très bien signer une chronique dans un hebdo à potins un jour, et serrer la pince de collègues immortels le lendemain.

Loin de mépriser cet exercice bipolaire, Jean d’Ormesson s’y adonne avec délectation. Il a parfaitement compris qu’il lui fallait entrer dans la danse, et que cela n’enlevait rien à sa substance. Cette façon d’appréhender les choses est particulièrement séduisante. Il y a donc, au-delà du fait que l’œuvre d’« ormessienne » est très bonne et très belle, un plaisir caractérisant le personnage qui fait tout son charme.

Né avec une cuillère d’argent dans le bec, Jean d’Ormesson grandit au sein d’une famille aimante. Les rigueurs imposées par la Seconde Guerre mondiale ne semblent pas l’affecter outre mesure. Son enfance paraît presque sans histoires ; elle sera ponctuée de quelques découvertes marquantes (cinéma, théâtre...) et marquée par un apprentissage normal (l’élève d’Ormesson est travaillant).

Après avoir fait des études à « Normale sup » qui ne parviennent pas à l’aiguiller vers aucune carrière digne d’un investissement sérieux, il tâte diverses activités et occupe son temps de façon plus ou moins sérieuse. Le garçon se demande ce qu’il fera quand il sera grand. S’il en vient alors au journalisme, c’est par le biais de son penchant pour les mondanités - Paris-Match sera le premier périodique à imprimer sa prose, en 1950.

Bien que qualifiées de charmantes, ses premières tentatives littéraires ne sont pas concluantes. Ce disciple de Chateaubriand devra trouver son souffle, façonner sa substance. Le succès et la reconnaissance arrivent en 1971, avec la publication de La gloire de l’empire. C’est le premier jalon d’une œuvre riche (et le sésame qui lui ouvrira les portes de l’Académie). S’il est en effet le plus jeune membre élu à l’Académie française, il est aussi celui qui aura fait plier les traditions de la prestigieuse institution et aura permis à la première femme - Marguerite Yourcenar - d’y trouver sa place.

Son œuvre compte aujourd’hui une vingtaine de romans, des récits, une anthologie et des entretiens, pour s’en tenir à ces quelques exemples. Une œuvre où l’érudition se fait légère, le style, enjoué, et où l’écrivain révèle des choses tout en s’amusant à brouiller les pistes. Une œuvre, enfin, qui charme, remue les méninges et distrait d’intelligente manière.

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Pour en savoir plus sur Jean d'Ormesson et son oeuvre

À consulter: L'interview : Capsule CONTACT Capsule CONTACT : Stéphan Bureau se confie au journaliste Michel Defoy et nous révèle son admiration pour l’œuvre de Jean d’Ormesson.

À propos de Jean d’Ormesson
Interview de Stéphan Bureau par Michel Defoy
Durée : 5 min 20 s

Liens externes :

Académie française
Site officiel de l’Académie française.