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Philippe Labro
Les échos de Narcisse

Journaliste, écrivain et réalisateur, Philippe Labro revendique trois identités créatives distinctes. Sa palette, bien que polychromatique, révèle d’abord les couleurs de l’expérience personnelle, heureuse ou malheureuse, dont il extrait une bonne partie de sa matière première. Stéphan Bureau revisite avec lui les lieux les plus intimes ayant marqué sa route.

L’expérience personnelle joue pour beaucoup dans l’œuvre de Philippe Labro. Qu’il prenne la forme de réminiscences littéralement rapportées ou d’événements réinterprétés, le vécu de l’homme nourrit son œuvre, ses récits. Il permet également de tirer diverses leçons, lesquelles sont ensuite partagées, notamment par le biais de romans dits d’apprentissage (L’étudiant étranger, Un été dans l’Ouest...).

Certains diront que cette propension à se mettre en scène relève d’une pulsion narcissique. On dira à la décharge de Labro qu’il procède de manière élégante et, en adoptant une distance ironique, laquelle s’exprime parfois même dans l’autocritique. Il le dit, le « je » n’est pour lui qu’une « méthode » permettant d’explorer le passé.

Ce supposé Narcisse n’a d’ailleurs pas peur d’écouter plus grand que lui. Dans son travail d’écriture, il revendique l’influence de trois parrains illustres. De Victor Hugo, il apprend à ouvrir grand l’œil pour capter l’infime détail. D’Ernest Hemingway, il reprend le style clair, net et désencombré. De Blaise Cendrars, il retient qu’il importe de rester près des gens.

Journaliste, romancier, cinéaste, Philippe Labro construit une œuvre multidisciplinaire qui n’a que faire des compartiments. Il lui est arrivé, et lui arrive encore, de jongler avec des projets qui nécessiteraient à d’autres quelques mains supplémentaires. S’il excelle dans chacun de ces trois secteurs d’activité, il reste modeste, allant même jusqu’à se ranger du côté des créatifs plutôt que de celui des créateurs.

Si la vie l’amène à développer pleinement son riche potentiel, elle lui sert aussi quelques coups durs. Une maladie foudroyante l’aura forcé, il y a une dizaine d’années, à regarder la mort droit dans les yeux. C’est ensuite la dépression nerveuse qui le terrasse, au tournant du nouveau millénaire.

Or, l’adversité peut susciter une irrépressible pulsion créatrice. L’écriture de Labro procède de la douleur. En différé, il se repose les grands questions essentielles, refait le chemin de son existence. Le processus donne naissance à des ouvrages bilan comme La traversée et Tomber sept fois, se relever huit, livre dans lequel il se penche sur sa dépression, et conduit le lecteur à réfléchir sur les cycles de la vie, sur ce qui rend fragile.

L’inquiétude et l’angoisse domptées, Philippe Labro s’est attelé à de nouveaux projets. Les expériences d’aujourd’hui et de demain viendront sans doute ajouter quelques échos à l’œuvre de Narcisse.

Pour en savoir plus sur Philippe Labro et son oeuvre

À consulter: L'interview : Capsule CONTACT Capsule CONTACT : Renversant les rôles, Stéphan Bureau se prête maintenant au jeu de l’interviewé et de la baladodiffusion. Il se confie au journaliste Michel Defoy et nous révèle, en toute simplicité, son admiration pour l’œuvre de Philippe Labro

À propos de Philippe Labro
Interview de Stéphan Bureau par Michel Defoy
Durée : 5 min 38 s

Liens externes :

Langue de bois s’abstenir
Vice-président de la chaîne de télé Direct8, en France, Philippe Labro y anime chaque semaine une émission de débat.